Les principes et enjeux du projet

Thermo-sur-Seine : qu’est-ce que c’est ? 

 

Le projet Thermo-sur-Seine comprend la création d’une chaufferie à Vitry-sur-Seine et le déploiement d'une plateforme fluviale à Ris-Orangis pour organiser son approvisionnement en combustibles. Il s’inscrit dans la stratégie de verdissement du réseau de chaleur grand parisien, en remplaçant des moyens de production, aujourd’hui alimentés au gaz, par une production reposant sur des énergies renouvelables et de récupération.

Concrètement, la chaufferie produira de la vapeur injectée directement dans le réseau existant. Capables de fonctionner aussi bien avec des combustibles solides de récupération (CSR) que du bois B, les 3 lignes de production envisagées utiliseront en priorité des CSR, une ressource issue de déchets triés, non recyclables, pour lesquels l’Île-de-France dispose d’un important gisement.

Par son dimensionnement, Thermo-sur-Seine constitue un outil industriel majeur : il permettra de produire environ 1,6 TWh de chaleur par an, soit l’équivalent des besoins de plus de 200 000 logements.

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Les caractéristiques de la chaufferie à Vitry-sur-Seine 

 

La chaufferie sera implantée sur le site de l’ancienne centrale thermique EDF de Vitry-sur-Seine, à l’arrêt depuis 2015. Ce site fait l’objet d’échanges entre les acteurs du territoire en vue de sa reconversion. La chaufferie occupera une partie de ce foncier industriel et s’inscrira dans la continuité de l’histoire du site.

Le fonctionnement de la chaufferie reposera sur une organisation industrielle intégrée : réception des combustibles par voie fluviale, stockage dans des espaces dédiés, alimentation des chaudières, production de vapeur puis injection dans le réseau.

L’installation prévoit trois lignes de combustion, chacune d’une puissance de 111 MW. Ces équipements seront complétés par des systèmes de traitement des fumées performants, intégrant notamment des filtres à manches et des dispositifs de réduction des oxydes d’azote, afin de respecter les exigences réglementaires en matière d’émissions atmosphériques. Une chaufferie CSR moderne n'est pas seulement une chaudière. C'est une chaudière accompagnée d'une véritable usine de traitement des fumées. Les polluants sont réduits dès la combustion, les poussières sont filtrées, les gaz acides neutralisés, les métaux lourds et les dioxines captés, et les émissions sont mesurées en permanence. Le système repose sur plusieurs barrières successives et non sur un dispositif unique. Les performances sont vérifiées en continu et contrôlées par les autorités.

Le site bénéficie d’atouts importants, notamment la présence d’une canalisation existante permettant d’acheminer la chaleur vers le réseau, ainsi qu’un accès direct à la Seine pour le transport des combustibles.

Pour en savoir plus sur la chaufferie, consultez la partie 4.2 du dossier de concertation

Les caractéristiques de la plateforme fluviale à Ris-Orangis 

 

La plateforme fluviale sera implantée sur une friche située en bord de Seine à Ris-Orangis, sur le site des anciennes installations industrielles Bledina - Sogeros. Elle jouera un rôle central dans la logistique du projet, en assurant l’interface entre les approvisionnements routiers et le transport fluvial vers Vitry-sur-Seine.

Le site est conçu pour recevoir les combustibles acheminés par camion depuis les lieux de préparation des CSR puis les transférer vers des barges. Aucune opération de transformation des matériaux ne sera réalisée sur place : les combustibles arriveront déjà préparés et triés. Ces matériaux, secs, ne dégagent aucune odeur.

Les installations techniques comprennent des zones de déchargement, un espace de stockage, des convoyeurs pour acheminer les matériaux jusqu’aux barges. Tous les équipements sont protégés pour éviter les émissions de poussières et préserver l’environnement immédiat. 

L’aménagement du site prévoit des mesures en faveur de la renaturation de la friche, l’intégration d’espaces paysagers et la réhabilitation du chemin de halage qui sera maintenu.  

 

Pour en savoir plus sur la plateforme fluviale, consultez la partie 4.3 du dossier de concertation

Les alternatives étudiées et le scénario « zéro » 

 

Le projet Thermo-sur-Seine est issu d’une analyse comparée de plusieurs options. Les solutions étudiées ont été évaluées selon des critères techniques, économiques et environnementaux, afin d’identifier le meilleur équilibre entre maîtrise du coût de la chaleur pour les usagers, performance et faisabilité.

 

Les alternatives technologiques

Différentes solutions énergétiques ont été considérées pour contribuer au verdissement du réseau : géothermie, biogaz, biomasse, électricité ou autres technologies innovantes. Si ces solutions font in fine partie du mix énergétique global du réseau, aucune ne permet à elle seule de répondre aux besoins spécifiques de production de chaleur sous forme de vapeur, avec des volumes suffisants pour remplacer des moyens gaz existants.

La géothermie, par exemple, constitue un levier majeur de production de chaleur renouvelable mais elle n’est pas utilisable pour produire de la chaleur sous forme de vapeur. Le recours à des combustibles solides de récupération (CSR) a ainsi été retenu comme solution principale pour produire de la vapeur, tout en permettant de réduire significativement le recours au gaz.

 

Les alternatives de localisation

Différentes implantations ont été envisagées pour accueillir une nouvelle capacité de production de chaleur à grande échelle. Les sites étudiés ont été comparés selon plusieurs critères : emprise foncière disponible, proximité du réseau de chaleur, accessibilité (routier, fluvial, ferroviaire), raccordement électrique au réseau RTE et compétitivité de la chaleur produite pour alimenter le réseau.

Une dizaine de sites ont été examinés en Île-de-France. Le choix s’est porté sur Vitry-sur-Seine, site déjà dédié à la production d’énergie et directement connecté au réseau de chaleur, offrant les conditions les plus adaptées à une production de vapeur à grande échelle.

Pour la plateforme logistique, plusieurs alternatives ont été étudiées avant de retenir le site de Ris-Orangis, en raison de sa capacité à centraliser les flux de CSR et d'un emplacement optimal pour le transport fluvial.

 

Le scénario « zéro » de non-réalisation du projet

La non-réalisation du projet aura des conséquences sur le coût de la chaleur, la part d'énergies renouvelables du réseau de chaleur et la valorisation des déchets.  

D'abord, le coût de production de la chaleur restera beaucoup plus exposé aux fluctuations du prix du gaz. Ensuite, la centrale gaz d'Ivry Confluence à Ivry-sur-Seine et l'actuelle turbine gaz de la centrale de cogénération de Vitry-sur-Seine continueront à fonctionner, avec les émissions qui leur sont associées. À production équivalente de chaleur, cela représente quatre fois plus d'oxydes d'azote, deux fois plus de monoxyde de carbone et 20 % de poussières supplémentaires dans l'air.  

Pas de Thermo-sur-Seine c’est également une transition énergétique qui n’avance plus : le taux d'énergies renouvelables et de récupération du réseau restera limité à un plafond de 60 %. Dans le même temps, 37 % de la production annuelle de chaleur continuera d'être assurée par le gaz, contre 22 % avec le projet.  

Enfin, ce sont environ 450 000 tonnes de combustibles solides de récupération qui ne seraient pas valorisés localement. D'importantes quantités de déchets non recyclables continueraient donc à être enfouies en Île-de-France et au-delà. En 2022, ce sont 2 millions de tonnes de déchets issus de l’activité économique qui ont été enfouis en Île-de-France. 

 

Pour aller plus loin, consultez le chapitre 5 du dossier de concertation 

L’insertion territoriale du projet 

 

Le projet Thermo-sur-Seine s’inscrit dans l’histoire de territoires marqués par une culture industrielle forte et aujourd'hui engagés dans des dynamiques de reconversion. 

À Vitry-sur-Seine, la chaufferie prend place sur le site de l’ancienne centrale thermique EDF, au cœur du secteur des Ardoines. La reconversion du site EDF de Vitry-sur-Seine ainsi que l’implantation du projet Thermo-sur-Seine sont indissociables du projet urbain global d’aménagement et de revitalisation de la partie centrale des Ardoines. Le projet de transformation des Ardoines constitue un des sites stratégiques majeurs de la métropole du Grand Paris. Il vise à la fois à maintenir les activités industrielles et l’emploi, mais également à libérer des espaces pour le redéveloppement industriel et productif ainsi que l’amélioration du cadre de vie des habitants, notamment au travers de la reconstitution d’une trame verte contribuant au lien vers la Seine.

À Ris-Orangis, l’installation de la plateforme fluviale est envisagée en bord de Seine, sur la friche industrielle des anciennes usines Bledina et Sogeros. Le terrain étant situé en zone d’aléa fort à très fort du plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) de la Vallée de la Seine, seuls des projets dépendant de l’utilisation de la voie d’eau pour le transport fluvial peuvent y être envisagés. L’installation d’une plateforme fluviale est cohérente avec les orientations du Plan local d'urbanisme (PLU) de Ris-Orangis, qui comporte, parmi ses objectifs, la reconquête des friches, le développement du transport fluvial sur la Seine et la réappropriation des espaces soumis à des risques majeurs. 

La bonne intégration du projet dans son environnement est une condition essentielle de son acceptabilité. Cela concerne à la fois l’architecture des installations, leur insertion paysagère et la cohabitation avec l’environnement existant proche comme éloigné.

 

Le projet s’inscrit dans un cadre réglementaire strict, au titre des installations classées pour la protection de l’environnement. Les enjeux sanitaires et environnementaux associés au projet feront l’objet d’étude dédiées en 2026 afin d’identifier les impacts potentiels et de définir les mesures pour les éviter ou les réduire, en vue des futures autorisations environnementales. 

Concernant spécifiquement les effets sur la santé, une évaluation des risques sanitaires sera conduite afin d’analyser les effets potentiels des émissions sur les populations, à partir de campagnes de mesures sur l’air, les sols et l’eau, et de modélisations sur un périmètre de plusieurs kilomètres. Il s’agit de s’assurer que ces émissions ne présentent pas, en termes de concentration et de retombées, de risque pour les populations environnantes. À ce titre, plusieurs campagnes de mesures sont prévues sur l’année 2026 pour permettre de qualifier l'état actuel des milieux dans l’environnement du site. 

Le projet intègrera toutes les dimensions environnementales dans l’évaluation de ses impacts, dans le cadre de la procédure d’autorisation du projet. Des inventaires écologiques ont, à ce titre, déjà été initiés pour identifier les espèces animales et végétales présentes sur les sites de Ris-Orangis et de Vitry-sur-Seine pour pouvoir représenter un cycle complet de 4 saisons sur une année.

 

Le projet permettra la création d'environ 130 emplois directs pour l'exploitation des sites de Vitry-sur-Seine et de Ris-Orangis. Ce sont des emplois pérennes, non délocalisables, non précaires et qualifiants, qui s'inscrivent dans la durée. Les emplois créés à Vitry-sur-Seine relèveront par ailleurs du statut des Industries Électriques et Gazières. Ces chiffres ne prennent pas en compte les emplois créés au niveau des fonctions centrales, ni ceux liés à l'exploitation et à la maintenance des barges, qui représentent environ 40 emplois supplémentaires. À cela s'ajoutent également les emplois indirects générés chez les fournisseurs, estimés entre 200 et 300, ainsi que les emplois liés au chantier, évalués à environ 500 sur plusieurs années. Le projet permettra à des jeunes de se former à des métiers d'avenir, en alternance et en apprentissage ou grâce à des postes accessibles dès le niveau Bac 

 

L’ensemble de ces enjeux – environnementaux, sanitaires, économiques et territoriaux – est au cœur de la concertation préalable, qui vise à permettre au public de s’informer, poser des questions et contribuer à l’amélioration du projet. 

 

 pour aller plus loin, consultez le chapitre 6 du dossier de concertation 

La réalisation du projet 

 

La mise en œuvre du projet Thermo-sur-Seine s’inscrit dans un programme global d’investissement porté par la SEMOP pour moderniser le réseau de chaleur grand parisien et développer de nouveaux moyens de production bas carbone. Dans ce cadre, Thermo-sur-Seine représente un investissement estimé à 1,2 milliard d’euros, dont 1 milliard pour la chaufferie de Vitry-sur-Seine et 0,2 milliard pour la plateforme fluviale de Ris-Orangis.

Le financement des investissements, portés par la SEMOP, repose sur plusieurs leviers complémentaires : l’autofinancement dégagé par l’exploitation, les subventions, les crédits souscrits auprès de prêteurs institutionnels et commerciaux, ainsi que les fonds propres apportés par les actionnaires. 

La réalisation du projet se déroulera selon un calendrier progressif, articulé autour de plusieurs grandes étapes du projet et de phases d’association du public. La concertation préalable, organisée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), constitue la première étape essentielle d’information et de dialogue avec le public. À son issue, les garants établiront un bilan, qui sera rendu public. Le maître d’ouvrage indiquera ensuite les enseignements qu’il tire de cette concertation et les suites qu’il entend donner au projet. En cas de poursuite, les études techniques et environnementales détaillées seront poursuivies et finalisées, en parallèle de la concertation continue, jusqu’à l’enquête publique en 2027. La phase de travaux est envisagée entre 2028 et 2034, avec une mise en service échelonnée des différentes installations à partir de 2031.
 

Pour aller plus loin, consultez le chapitre 7 du dossier de concertation