Un réseau de chaleur au cœur du territoire métropolitain
Le réseau de chaleur de Paris est une infrastructure majeure à l’échelle francilienne. Créé en 1927, il s’est progressivement développé pour alimenter non seulement la capitale, mais aussi 16 communes voisines : Asnières, Aubervilliers, Boulogne-Billancourt, Charenton-le-Pont, Choisy-le-Roi, Clichy, Gennevilliers, Gentilly, L’Île-Saint-Denis, Issy-les-Moulineaux, Ivry-sur-Seine, Le Kremlin-Bicêtre, Levallois-Perret, Saint-Denis, Saint-Ouen et Vitry-sur-Seine. Il fournit désormais de la chaleur à près d’un million d’habitants et à environ 6 000 bâtiments, parmi lesquels des logements, des hôpitaux et de nombreux équipements publics.
Historiquement fondé sur une production centralisée et une distribution à grande échelle, ce réseau présente la particularité de fonctionner avec de la vapeur issue de grands sites de production situés dans et en dehors de Paris. Cette situation entraîne une forte interdépendance entre Paris et les territoires voisins, à la fois producteurs et consommateurs de cette chaleur.
Ce réseau quasi centenaire doit à présent évoluer pour répondre aux enjeux de lutte contre le changement climatique, de souveraineté énergétique, et de maitrise du prix de la chaleur.
Une transformation à engager pour répondre aux enjeux climatiques
La modernisation du réseau de chaleur s’inscrit dans les objectifs de neutralité carbone fixés par les politiques publiques en matière de transition énergétique. Il s'agit de réduire la part des énergies fossiles et principalement le gaz, qui représentent encore aujourd'hui la moitié de la production de chaleur sur le réseau.
La trajectoire définie par la Ville de Paris vise à verdir le réseau en portant la part des énergies renouvelables et de récupération (EnR2) de 50 % aujourd’hui à 75 % à l’horizon 2030, puis tendre vers un réseau 100 % EnR2 d’ici 2050. Cette évolution implique de développer de nouveaux moyens de production en substitution du gaz.
En réponse à ces objectifs, la SEMOP diversifie le mix énergétique du réseau de chaleur à partir d’une dizaine de sources d’énergies renouvelables et de récupération.

Un enjeu de service public et de maîtrise des coûts

Le réseau de chaleur constitue un service public essentiel. La transformation engagée vise à sécuriser son approvisionnement en énergie, dans un contexte marqué par la volatilité des prix des énergies fossiles.
L’utilisation de ressources locales et diversifiées va permettre de :
- Mieux maîtriser les coûts de production de la chaleur sur la durée, en réduisant la dépendance aux importations d’énergie ;
- Desservir de nouveaux usagers, tout en maintenant un tarif accessible pour les abonnés actuels.
Par ailleurs, la SEMOP prévoit un programme de modernisation des installations existantes afin d’améliorer leur performance et leur efficacité.
La valorisation des déchets, un levier complémentaire
Malgré les efforts de prévention, de réemploi et de recyclage des déchets, une part importante des déchets termine encore enfouie. Leur valorisation énergétique constitue une solution d’avenir pour produire une chaleur locale et bas carbone, dans une logique d’économie circulaire et de meilleure gestion des déchets.
Les combustibles solides de récupération (CSR) s’inscrivent dans cette logique. Issus de déchets triés et préparés en amont, ils représentent une ressource largement disponible en Île-de-France, encore sous-exploitée.
Cette approche s’inscrit pleinement dans les orientations nationales, régionales et locales en matière de transition énergétique et de gestion des déchets.

Thermo-sur-Seine : un projet structurant pour répondre à ces ambitions
Le projet Thermo-sur-Seine participe à la transformation du réseau de chaleur en développant une nouvelle capacité de production de chaleur renouvelable et de récupération, basée sur la valorisation de ressources locales principalement issues de l’activité économique d'Île-de-France.
Plus largement, il répond à une stratégie globale visant à concilier transition énergétique, maîtrise des coûts, sécurité d’approvisionnement et souveraineté énergétique territoriale. À ce titre, il constitue l’un des projets structurants du programme de verdissement du réseau de chaleur à l’échelle métropolitaine.