#354 — Concentration du risque d'inondation sur un site unique
Caractéristiques et fonctionnement du projet
Implantation et insertion territoriale du projet
Le dossier de concertation indique que le site de Vitry-sur-Seine est conçu pour résister jusqu'à un niveau de crue R0,90 (90 % d'une crue centennale), au-delà duquel le personnel est évacué et l'installation bascule sur des moyens gaz de secours (p. 74-75). La plateforme de Ris-Orangis, elle, est explicitement située en « zone d'aléa fort à très fort » du Plan de prévention des risques inondation (p. 54-55).
Or cette résistance du site de production ne dit rien de la capacité du réseau de distribution à continuer d'acheminer la chaleur produite jusqu'aux abonnés pendant le même événement. Plusieurs sources indépendantes du dossier indiquent que c'est précisément ce maillon qui est le plus fragile :
La Ville de Paris elle-même, dans son Diagnostic de vulnérabilités et de robustesse de Paris face aux changements climatiques (2021), identifie le réseau de chaleur comme le réseau énergétique le plus vulnérable de la capitale face aux inondations — plus que le réseau électrique ou le réseau de gaz — et le qualifie de « très sensible aux inondations en cas de crue supérieure à 6,5 mètres ».
Le guide Comprendre les risques d'inondations à Paris (Atelier Parisien d'Urbanisme, 2024) précise que le réseau de chauffage urbain est celui qui « peut connaître des dysfonctionnements le plus rapidement », et que son redémarrage complet pourrait prendre plusieurs mois après une crue.
Ce n'est pas un scénario théorique : en janvier 2018, lors d'une crue pourtant très inférieure au niveau centennal, la CPCU a dû couper un tronçon de chauffage urbain à Ivry-sur-Seine, commune directement voisine du site de Vitry.
Les crues majeures de la Seine (1910, 1924, 1955) sont historiquement des événements hivernaux — c'est-à-dire concentrées précisément au moment où la demande de chauffage des Parisiens est la plus forte.
Par ailleurs, le réseau actuel repose sur une diversification géographique de ses sites de production (environ 8 à 9 sites répartis sur Paris et sa proche couronne). Le projet Thermo-sur-Seine va dans le sens inverse : il concentre environ 23 % de la capacité totale du réseau (1,6 TWh/an) sur une seule installation, implantée en zone à risque d'inondation avéré.
Mes questions sont les suivantes :
Une étude de résilience du réseau de distribution (et non uniquement du site de production) face à une crue majeure a-t-elle été réalisée, et peut-elle être rendue publique ?
Compte tenu du constat de la Ville de Paris elle-même sur la vulnérabilité spécifique du réseau de chaleur, quelle est la durée d'interruption de du réseau réellement anticipée pour les abonnés desservis par Thermo-sur-Seine en cas de crue majeure hivernale ?
Une option de répartition de cette capacité de production sur plusieurs sites plus petits, plutôt que sa concentration sur une seule installation en zone inondable, a-t-elle été étudiée comme alternative ? Si oui, pourquoi a-t-elle été écartée ? Si non, le maître d'ouvrage s'engage-t-il à l'examiner avant la décision de poursuite du projet ?
Or cette résistance du site de production ne dit rien de la capacité du réseau de distribution à continuer d'acheminer la chaleur produite jusqu'aux abonnés pendant le même événement. Plusieurs sources indépendantes du dossier indiquent que c'est précisément ce maillon qui est le plus fragile :
La Ville de Paris elle-même, dans son Diagnostic de vulnérabilités et de robustesse de Paris face aux changements climatiques (2021), identifie le réseau de chaleur comme le réseau énergétique le plus vulnérable de la capitale face aux inondations — plus que le réseau électrique ou le réseau de gaz — et le qualifie de « très sensible aux inondations en cas de crue supérieure à 6,5 mètres ».
Le guide Comprendre les risques d'inondations à Paris (Atelier Parisien d'Urbanisme, 2024) précise que le réseau de chauffage urbain est celui qui « peut connaître des dysfonctionnements le plus rapidement », et que son redémarrage complet pourrait prendre plusieurs mois après une crue.
Ce n'est pas un scénario théorique : en janvier 2018, lors d'une crue pourtant très inférieure au niveau centennal, la CPCU a dû couper un tronçon de chauffage urbain à Ivry-sur-Seine, commune directement voisine du site de Vitry.
Les crues majeures de la Seine (1910, 1924, 1955) sont historiquement des événements hivernaux — c'est-à-dire concentrées précisément au moment où la demande de chauffage des Parisiens est la plus forte.
Par ailleurs, le réseau actuel repose sur une diversification géographique de ses sites de production (environ 8 à 9 sites répartis sur Paris et sa proche couronne). Le projet Thermo-sur-Seine va dans le sens inverse : il concentre environ 23 % de la capacité totale du réseau (1,6 TWh/an) sur une seule installation, implantée en zone à risque d'inondation avéré.
Mes questions sont les suivantes :
Une étude de résilience du réseau de distribution (et non uniquement du site de production) face à une crue majeure a-t-elle été réalisée, et peut-elle être rendue publique ?
Compte tenu du constat de la Ville de Paris elle-même sur la vulnérabilité spécifique du réseau de chaleur, quelle est la durée d'interruption de du réseau réellement anticipée pour les abonnés desservis par Thermo-sur-Seine en cas de crue majeure hivernale ?
Une option de répartition de cette capacité de production sur plusieurs sites plus petits, plutôt que sa concentration sur une seule installation en zone inondable, a-t-elle été étudiée comme alternative ? Si oui, pourquoi a-t-elle été écartée ? Si non, le maître d'ouvrage s'engage-t-il à l'examiner avant la décision de poursuite du projet ?