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#268 — L’AP-HP, principale institution usagère du réseau de chaleur, a-t-elle été consultée et ses besoins analysés ?

Portage, objectifs et finalité du projet
Réponse publiée
Bonjour,
Nous avons bien pris note de votre contribution.
 
(a) Des documents complets et exhaustifs concernant les besoins énergétiques de l'AP-HP figuraient directement dans le Dossier de Consultation des Entreprises (DCE) de l'Appel d'Offres de la concession. L'AP-HP a également été consultée. Lors de ces échanges, l'institution hospitalière a :
- Confirmé son besoin impératif de vapeur pour chacun de ses sites pour assurer ses processus industriels spécifiques, en particulier la stérilisation des équipements médicaux et la blanchisserie.
- Demandé l'amélioration du recours aux Énergies Renouvelables et de Récupération (EnR&R) dans le mix énergétique du réseau de chauffage urbain parisien, la performance environnementale du réseau ayant un impact direct sur le bilan carbone et le mix énergétique de ses propres établissements.
 
(b) L'AP-HP est raccordée au réseau de chauffage urbain de la Ville de Paris pour l'ensemble de ses sites et hôpitaux situés dans Paris intra-muros, ainsi que pour ses établissements implantés sur les communes limitrophes d'Issy-les-Moulineaux et du Kremlin-Bicêtre.
Ses établissements situés dans les autres départements de la petite couronne ne sont pas raccordés au réseau de chauffage urbain de la Ville de Paris, soit :
- En Essonne : Draveil, Champcueil,
- Dans les Hauts-de-Seine : Boulogne, Clichy, Colombes, Clamart, Garches
- En Seine Saint-Denis : Bobigny, Sevran, Bondy
- Dans le Val de Marne : Ivry, Créteil, Limeil-Brévannes, Villejuif
 
(c) Analyse des besoins site par site
L'analyse détaillée des besoins site par site a été intégralement réalisée. Toutefois, ces données détaillées ne peuvent pas être communiquées publiquement, car elles constituent des informations d'exploitation qui appartiennent en propre à l'AP-HP.
 
(d) La trajectoire de sobriété et de réduction des consommations est intégrée au projet à travers l'étude d'attrition des besoins réalisée à l'échelle du réseau. Cette modélisation prospective prend en compte une diminution globale de 19 % des consommations totales de chaleur et une réduction de 26 % des seuls besoins de chauffage des bâtiments à terme (par rapport à la référence 2022-2024).
Il n'est pas possible d'isoler une courbe d'attrition spécifique et fermée pour la seule AP-HP, car le scénario retenu est le résultat de plusieurs scénarios prospectifs probabilisés croisant l'ensemble du parc immobilier raccordé.
 
(e) Engagements contractuels
Les conventions de raccordement et les engagements contractuels renouvelés entre le concessionnaire (la SEMOP Énergies du Grand Paris) et l'AP-HP entreront en vigueur à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, date d'effet du nouveau contrat de concession.
 
(f) Prise en compte des besoins de rafraîchissement (Réseau de froid)
Les besoins de rafraîchissement et de climatisation des établissements de santé lors des périodes de canicule relèvent de réseaux de froid distincts et spécifiques.
La production et la distribution de chaud et de froid s'appuient sur des circuits, des technologies et des contrats séparés. Le projet Thermo-sur-Seine est un outil exclusivement dédié au chauffage et à l'eau chaude sanitaire, les besoins de froid étant gérés via le réseau de froid urbain indépendant.
 
Nous restons à votre écoute.
L’équipe projet
L’APHP est la principale usagère du réseau de chauffage urbain parisien : le dossier de concertation indique que le réseau dessert « la totalité des hôpitaux parisiens » (source 1 p.20), un document de l’APHP précise qu’en 2019, 42% des sites étaient raccordés au chauffage urbain (source 2 p.27). Notons que le dossier de concertation mériterait d’être plus précis à ce sujet.

Le raccordement au chauffage urbain semble être un axe privilégié par l’APHP et d’autres institutions pour atteindre les objectifs de décarbonation. Ainsi les bâtiments de l’institution publique sont soumis au dispositif Éco Énergie Tertiaire issu de la loi ELAN de 2018, qui impose une réduction progressive des consommations d’énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 (source 3). France Chaleur Urbaine (service du Ministère de la transition écologique), note que dans le cadre du dispositif Éco Énergie Tertiaire, « un coefficient de 0,77 est appliqué aux consommations d’énergie des bâtiments raccordés aux réseaux de chaleur », soit « 23 % de réduction de consommations d’énergie comptabilisée ». Dans sa feuille de route de décarbonation, l’APHP, pour le thème énergie, identifie notamment de « raccorder les établissements chauffés au gaz aux réseaux de chauffage urbain (CU) ou à des systèmes géothermiques » et « rénover les bâtiments » (source 4 p.8). L’axe 3 d’un webinaire sur la performance énergétique vise « l’amélioration du mix énergétique des établissements hospitaliers à travers le soutien à l’investissement et le fonctionnement des solutions de réseau de froid urbain, biomasse, raccordement au chauffage urbain, géothermie » (source 7).

Dans son bilan carbone (source 5 p.27), l’APHP évalue que sa consommation d’énergie représente 6% de ses émissions totales en 2024 (126 626 tCO2e). Elle a augmenté de 3% entre 2023 et 2024 mais elle est en baisse par rapport à 2019 tandis que les émissions globales de l’APHP croissent depuis 2019.
L’autre axe de l’APHP pour baisser ses émissions carbone issues de la consommation d’énergie est la rénovation des bâtiments. L’institution note que « le fait de rénover un bâtiment permet d’économiser 10% en émissions carbone » (Source 4 p. 28). Dans son plan de sobriété énergétique, elle s’engage sur « un plan de rénovation des bâtiments pour réduire de 2 % par an nos consommations » (source 6).

- Si cet engagement est atteint, de 2031 (mise en service de la chaufferie) à 2052 (terme de la concession), sa consommation diminuerait d’environ 35 %. Le principal usager institutionnel du réseau prévoit donc de consommer nettement moins.
- Des relations institutionnelles existaient entre la CPCU et l’APHP et le raccordement au réseau est un axe répété pour sa décarbonation.

Questions
a) Consultation de l’AP-HP. L’AP-HP a-t-elle été consultée sur le projet Thermo-sur-Seine, sur le choix du procédé et sur le maintien de la vapeur, avant l’approbation du cahier des charges de la consultation, avant l’attribution du 17 décembre 2025 ou avant la signature du contrat le 10 avril 2026 ? À quelles dates, sous quelle forme, et avec quelle position exprimée ?
b) Quels sont les bâtiments de l’APHP aujourd’hui reliés au réseau de chaleur urbain ? Quelle proportion des bâtiments de l’APHP cela représente-t-il ?
c) Analyse de ses besoins. Quels sont, site par site, les besoins des établissements de l’AP-HP raccordés au réseau : puissance souscrite, consommation annuelle, part de vapeur pour des usages qui l’exigent et part servant au chauffage et à l’eau chaude sanitaire ? Cette analyse a-t-elle été faite ?
d) Trajectoire de consommation. Quelle trajectoire de consommation des sites de l’AP-HP le projet retient-il jusqu’en 2052 ? Les obligations du dispositif Éco Énergie Tertiaire (moins 40 % en 2030, moins 50 % en 2040, moins 60 % en 2050) et la feuille de route de décarbonation de l’AP-HP ? Ou l’engagement de l’AP-HP s’engage à réduire ses consommations de 2 % par an ? Si ces objectifs sont atteints, quelle puissance le premier usager institutionnel du réseau appellera-t-il encore, et le dimensionnement de la chaufferie reste-t-il justifié ?
e) Engagements contractuels. Existe-t-il, entre le concessionnaire et l’AP-HP, des conventions de raccordement, des engagements de consommation minimale ou des clauses de durée ? Comment s’articulent-ils avec les obligations de sobriété qui s’imposent à l’AP-HP, et qui supporte le coût si la consommation baisse plus vite que prévu ?
f) Besoins de froid. Les besoins de rafraîchissement des établissements de santé en période de canicule ont-ils été pris en compte dans la stratégie du réseau, et par quels moyens (réseau de froid, géothermie, récupération) ? Le projet y contribue-t-il, ou les laisse-t-il entièrement à la charge des hôpitaux ?

Sources
Source 1 - Dossier de concertation Thermo-sur-Seine, juillet 2026 concertation.fr/fi/uSHUPj3FmLrL/98xiwh8ddiPA2/Thermo-sur-Seine_Dossier-de-concertation_Juillet2026_web.pdf
source 2 - www.aphp.fr/sites/default/files/synt...
Source 3 - Décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 relatif aux obligations d’actions de réduction de la consommation d’énergie finale dans des bâtiments à usage tertiaire france-chaleur-urbaine.beta.gouv.fr/...
Source 4 - www.aphp.fr/sites/default/files/synt...
Source 5 - www.aphp.fr/sites/default/files/2025...
Source 6 - www.aphp.fr/actualites/le-plan-de-so... « Plan de sobriété énergétique de l’AP-HP, livret d’actions », février 2023 : « L’AP-HP consomme 1,1 TWh d’énergie par an. C’est 12 % de son empreinte carbone totale (les autres postes d’émission étant le soin (56 %), la mobilité (8 %), l’alimentation (5 %) et les déchets (2 %). C’est aussi 1,2 % de l’ensemble de la consommation du Grand Paris »
Source 7 - www.iledefrance.ars.sante.fr/media/1... - « Si on parlait performance énergétique ? », webinaire ARS / DRIEAT / ANAP du 13 octobre 2022